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le CCC OD hors les murs

Mathieu Dufois en résidence au Fayoum Art Center en Egypte

Né en 1984 à Chartres, Mathieu Dufois étudie les arts-plastiques à l’École des Beaux-arts du Mans. Après l’obtention de son diplôme, il travaille dans les Cours d’Assises afinn de réaliser des portraits d’accusés pour les journaux locaux.

C’est en 2008, lors de sa participation à la Biennale de Mulhouse, qu’il obtient le premier prix de la Jeune Création. Dès lors, son travail est diffusé dans différents centres d’art dont le CRAC de Sète, ou encore le CCCOD de Tours. Ses œuvres ont été également présentées dans différentes foires telles que Drawing Now, Art Paris ou l’Armory Show.

Depuis 2010, une forte collaboration se créée avec le musicien Marc Hurtado dont celui-ci compose la bande-son de ses films situés entre l’animation et l’expérimental. Passionné de cinéma, il continue d’explorer son outil de prédilection, le dessin, en l’articulant avec l’art cinématographique, la matière sonore et l’installation.

Mathieu Dufois réside aujourd’hui à Tours. Il est représenté par la Galerie Particulière (Paris, Bruxelles)


Tel un archéologue, je ne cesse de chercher des images-reliques, qu’elles soient
issues d’œuvres cinématographiques, de films Super 8, d’archives ou de mes propres photographies prises lors d’errances nocturnes dans des lieux inhabités : tous ces éléments sont des matières premières dont je me nourris et que j’emprunte pour élaborer mon univers graphique.

 

Des vestiges du temps collectés, non pas par nostalgie mais plutôt comme un chasseur d’images fantômes – celles qui perdurent en traversant des temps, des dimensions, et qui, comme par miracle, se dévoilent sous nos yeux, portant les stigmates de cette traversée. Que reste-il à décrypter à l’intérieur de leurs résidus et comment agissent-elles avec
notre propre mémoire et vis-à-vis de notre initiation à l’image ? Par quel fonctionnement une image, visible, en fait-elle surgir une autre, plus subjective, plus mystérieuse et plus enfouie ? Quelle est cette étrange connexion entre la vue réelle et celle, intime, qui réactive une mémoire collective et fragile ?

 

La trace d’un individu absent de l’image est une obsession récurrente dans mon travail. Souhaitant réactiver l’implicite tapi dans des images récupérées, je leur donne une nouvelle dimension, une substance régénérée par le langage du dessin. Mais la retranscription des données photographiques qui s’opère par le dessin ne se limite pas à un simple mimétisme. Bien au contraire, pour moi, le dessin figé sur le papier n’est qu’un corps restreint, contenu dont le potentiel ne s’exploite véritablement qu’en s’étendant vers une écriture multimédia. En exerçant une combinaison entre le dessin et des médiums animés, telles la photographie, la vidéo ou encore la matière sonore, des mutations peuvent être provoquées. Elles donnent alors naissance à des changements de formes et de matières, amenant sûrement un dialecte nouveau en phase d’exploration.

 

C’est ainsi que mes créations présentent un aspect protéiforme, laissant entrevoir des séries de dessins, mais également des agencements de maquettes en papier et des courts métrages à situer entre le cinéma expérimental et celui d’animation.

 

Poursuivant toujours mon ambition première, je tente de revenir à la source des images pour mieux saisir leur complexité et essayer de trouver une autre voie par la bifurcation. C’est pourquoi, dans mes dernières œuvres, je m’attache à assimiler des inventions comme les premiers outils de captation (premiers appareils du cinéma ou autres objets illusionnistes), les premiers sons et voix enregistrés par le phonographe, ou encore en menant des recherches approfondies sur les gestes primaires de nos ancêtres et les signes et symboles dessinés sur les parois des grottes préhistoriques.

 

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