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edgar sarin

ici : symphonie désolée d'un consortium antique

11 novembre 2017 - 4 février 2018


Lauréat de la bourse Révélations EMERIGE en 2016 et toute nouvelle recrue de la galerie Michel Rein (Paris/Bruxelles), le jeune artiste investit aujourd’hui les petites galeries du centre d’art.

« Ici : symphonie désolée d’un consortium antique » est composée comme une œuvre unique qui s’amplifiera par mouvements successifs au cours de l’exposition. Cette grande pièce évolutive est révélatrice de la manière dont l’artiste s’approprie un espace pour peu à peu l’habiter, jusqu’à le repeupler complètement d’une faune caractéristique extraite de son univers plastique et poétique.

Edgar Sarin crée des installations associant le langage et la musique aux objets trouvés les plus simples comme aux métaux les plus précieux. Il taille la pierre, sculpte le bois, compose des partitions, met en scène des gestes et des situations, évoquant ainsi parfois – bien que de manière anachronique – le concept d’œuvre d’art totale.
Chaque exposition est pour lui une nouvelle occasion de remettre en question son travail et la notion même d’exposition, qui n’est pour lui qu’un point de départ, un médium. S’appuyant sur des intuitions, des accidents et des rencontres avec des objets et des matériaux, l’artiste reconstruit un écosystème minutieusement pensé, ayant sa propre mécanique interne au sein de laquelle tous les éléments entrent progressivement en intime harmonie pour faire œuvre.
La méthode de recherche et de création d’Edgar Sarin, aussi approfondie que raisonnée, tend également à la simplicité grâce à une extrême économie de moyens. Cette procédure repose par ailleurs considérablement sur le lieu à habiter. L’espace d’exposition est davantage conçu comme un lieu de travail, un espace permanent de création et de production qui est livré au regard, au corps et à l’expérience du visiteur.

Les composantes de l’œuvre, rejoignant peu à peu la place que l’espace leur réserve, s’imposent par leur nature proprement physique, entraînant une reconfiguration du lieu ainsi mis en usage. Le visiteur est la part humaine de cette écologie créatrice à laquelle il est indispensable : sa présence et son action consacrent l’œuvre en tant qu’espace fonctionnel.

Ici, le geste d’Edgar Sarin orchestre la respiration d’un univers foisonnant, en évolution vers son équilibre.

 

[Extrait du dossier de presse – 2017]

© Photo : Le Cercle de La Horla